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Après le rhinocéros blanc du nord, la panthère d'Indochine disparaîtra bientôt... et tout le monde s'en moque...

Chers amis, il y a quelques jours, Sudan, dernier rhinocéros blanc du Nord s’est éteint, et avec lui les derniers espoirs, déjà bien maigres de survie de cette sous-espèce de rhinocéros blanc. Une perte de plus pour la biodiversité, déjà fort mise à mal par notre espèce, dans la mesure où il ne reste aujourd’hui que deux femelles dans la réserve de Ol Pejeta au Kenya. Réduction de l’habitat, braconnage, impact de la guerre dans cette zone touchée par les conflits entre humains, sont autant de causes qui poussent à l’extinction des animaux qui n’avaient rien demandé à personne…

 

Le phénomène ne se centralise malheureusement pas qu’à l’Afrique où braconnage et chasse au trophée rivalisent aux coudes à coudes pour déterminer qui l’emportera dans la surenchère du massacre organisé…

 

Quelques images dans les médias, accompagnées de commentaires fatalistes… la sous espèce s’est éteinte… Et après ? Doit-on attendre la prochaine extinction pour un singulier message d’alerte noyé dans la masse ? Lance-t-on les paris pour savoir quelle sera la prochaine espèce, rasée de la surface de la planète par l’Homme, un super prédateur devenu super-parasite ?

 

Une autre espèce fait figure de favorite dans les pronostics, dans l’indifférence totale, une fois de plus… Il s’agit de la panthère d’Indochine (Panthera pardus delacouri) aujourd’hui exposée à un risque imminent d’extinction, et pour preuve…

 

En l’espace de 5 ans seulement, la population sauvage de cette sous espèce, vivant à l’origine entre le Cambodge, le Laos et le Vietnam, a subi un déclin estimé à 72%, autant dire les ¾ de la population.

Si ce chiffre était rapporté à notre espèce et ses 7 milliards d’habitants, cela représenterait la mort de 5.25 milliards d’êtres humains ; un génocide à grande échelle. Nul doute que dans notre cas, la sonnette d’alarme serait tirée, et l’urgence pour notre survie clamée haut et fort.

 

Pourquoi ce déclin ?

Un rapport cosigné par l’Unité de recherche et de conservation de la faune (WildCRU), Panthera, WWF au Cambodge, le Musée américain d’histoire naturelle et le Ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche du Cambodge met en évidence une situation des plus critiques.

 

Avec une densité de un léopard pour 100 km², la plus faible jamais enregistrée en Asie, la panthère d’Indochine, a vu sa population exterminée en un temps record, en grande part du fait d’un braconnage accru pour alimenter le commerce d’animaux sauvages et le commerce de viande de brousse… Historiquement présent dans toute l’Asie du Sud Est, ce léopard a aujourd’hui perdu 95% de son habitat d’origine et devrait être classé par l’UICN comme en danger critique d’extinction, avec une population de potentiels reproducteurs estimée entre 20 et 30 individus…

 

L’urgence est grande, pour que cette région déjà touchée par la disparition du tigre ne voie pas disparaître de son sol un autre grand félin…

 

A cette époque où chaque jour des espèces animales ou végétales encore inconnues disparaissent (on estime que 25 000 espèces animales ou végétales disparaissent chaque année), où les grandes multinationales responsables de l’exploitation et de la destruction des ressources de notre planète se vantent de mieux respecter notre planète à grand coup de greenwashing et d’arguments pompeux, il serait temps pour chacun d’entre nous de réagir…

 

Si les millions de dollars investis dans des campagnes de communication ayant pour but de banaliser et rendre plus propres aux yeux des gens les fruits de la cupidité humaine étaient investis dans la conservation du patrimoine de notre planète… alors peut-être n’en serions-nous pas là…

 

Depuis 30 ans, Patrick Jardin et ses équipes, mènent un combat pour que cessent de disparaitre toutes ces espèces dans la plus grande indifférence. Sensibiliser, éduquer, dire la vérité, pour que nos enfants un jour aient encore la chance de voir tous ces animaux, qui nous fascinent et nous font rêver…

 

Pas de planète sans félins…

 

Sébastien VERDIN
Responsable Pédagogique du parc et comme chacun d'entre vous, simple citoyen de notre planète